Les lavoirs

L’origine même du nom de Vers (du bas-latin versium) nous rappelle que les premiers hommes qui ont jeté les fondations de notre village sur la plaque rocheuse qui domine une source très abondante, ont été attirés par cette présence de l’eau.

A la rencontre de la garrigue aride et de la plaine fertile du Gardon, le village bénéficie tout à la fois de la présence de carrières et de sources.

Les premières, après avoir contribué à la construction de l’aqueduc d’Uzès à Nîmes et fourni la matière première du Pont du Gard, ont donné à nos maisons la couleur ocrée qui fait le charme du village. Le talent des tailleurs de pierre a fait le reste. Quant aux nombreuses sources, au cours des siècles, les habitants les ont transformées, au gré de leur envie ou de leur besoins, en fontaines et en lavoirs. Dans le village même trois sources principales ont ainsi donné naissance à trois points d’eau remarquables : les trois lavoirs du village.

Dans l’un des poèmes provençaux que Louis Malbos a consacré à Vers, il considère l’eau comme une des merveilles de notre village. Il mentionne 33 sources, aujourd’hui difficilement repérables pour une bonne partie. Néanmoins, à Vers, l’eau est très abondante. Elle est vive et salubre. Avant 1965, elle était suffisante pour les besoins des habitants et l’arrosage des jardins. Puis, face au développement du village et la difficulté de mettre en place des canalisations dans la roche, il a fallu adhérer à un syndicat : l’union faisant la force de financements élevés. L’eau est, depuis, récupérée dans la nappe phréatique du Gardon.

Eau que l’on réclame quand il y a sécheresse. Eau que l’on redoute lors de pluies abondantes provenant des hautes combes boisées situées au Nord de Vers.

Témoins d’un mode de vie désormais devenu obsolète, les lavoirs ruraux pouvaient être menacés de disparition ; ce n’est pas le cas à Vers - Pont du Gard.

La plupart de ces lavoirs ressemblent à de gracieux petits temples antiques au toit généralement supporté par des colonnes ou des piliers. Au fond, l’architecture méridionale d’origine romaine n’a guère changé depuis 2000 ans : non seulement pour les constructions à colonnes, et même les maisons à tuiles romaines d’Italie, d’Espagne ou du Sud de la France sont semblables à celle que l’on trouve à Pompéi.

Nos trois lavoirs ont été construits au XIXème siècle. Leur intérieur est constitué de deux bassins communicants. Le premier, à l’eau blanchie par le savon, servait au lavage. Dans le second, à l’eau claire, on rinçait le linge. Cette méthode, selon les lavandières, conservait parfaitement le linge, alors que les machines modernes auraient tendance à l’abîmer.

Comme nous sommes dans une région où le mistral peut être fort, et parfois très froid, la partie Nord est protégée par un mur coupe-vent.

Contrairement aux lavandières d’autres régions qui travaillaient agenouillées, celles du Gard lavaient debout, protégées par une planche à laver… Les lavandières descendaient le linge sur une brouette. Elles tapaient le linge avec un battoir en bois.

L’ambiance était fort conviviale : il fallait entendre résonner le claquement des battoirs, accompagnant les exclamations et les rires des lavandières…

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